Samedi 12 juin 2010 6 12 /06 /2010 17:13

Mes amies les cigales

 

À l’âge de neuf ans, attraper les cigales, je savais faire, et trouvais ces captures amusantes.

Chez nous, dans le silence de notre « campagne », ces hémiptères étaient facilement détectables de par les gzzz-gzzz intermittents du mâle pour appeler la femelle, bien connu des Provençaux. Moi, faisant référence à la fable de La Fontaine, croyais évidemment qu'elles chantaient tout l'été seulement pour ce plaisir-là, puis, se trouvant fort dépourvues, mouraient de faim quand la bise fut venue.

La première approche m’était facile, mais devenait délicate au fur et à mesure que se réduisait l’espace entre ce craqueteur très méfiant et moi. Je savais avoir été détecté quand, m'avançant toujours plus lentement pour ne pas effrayer ma proie, celle-ci, soudain sur le qui-vive, arrêtait ses vocalises, prête à s'envoler.

La cigale a un grand champ de vision, mais n'a quand même pas des yeux derrière la tête. Je le savais par expérience. Je devais donc m’approcher par derrière exactement, puis, l'insecte à portée de main, le happer d'un geste vif, comme on attrape une mouche. Une fois sur deux, ça marchait. Le succès survenait quand la cigale s'envolait à la rencontre de ma main, l'échec lorsqu'elle fuyait dans l'autre sens.

Une autre méthode qui marchait mieux consistait à plaquer prestement la main sur le dos de la cigale de façon à l'immobiliser avant de l'empoigner, mais j'avais fini par renoncer à cette façon de faire car, neuf fois sur dix, la bête se trouvait si bien estourbie par la violence du choc que je ne tenais plus qu'un insecte agonisant, rendant ma prise sans intérêt.

Que gagnais-je en ces captures ? La satisfaction d'avoir capturé une bestiole qui, de par son ramage amusant, avait un côté magique. Également, fermement tenue par les ailes, je parvenais à la faire chanter en lui grattouillant l'abdomen avec un brin de paille. Je ne comprenais pas pourquoi une cigale remettait ses gzzz-gzzz lorsqu'on lui grattait le ventre, alors qu'elle ne pouvait qu'être terrorisée par le fait même de sa capture, mais ainsi en était-il toujours, et le constater en riant me suffisait.

Puis, lorsque la lassitude venait, je rendais «délicatement» la liberté à cette pauvre bête forcée de chanter... non sans lui avoir planté un brin de folle avoine, ou un espigaou, dans le derrière, pour suivre des yeux son vol devenu lourd et lent, et rire aux éclats de cette sorte d'hélicoptère qui finissait par s'écrouler d'épuisement et de douleur, pour, inéluctablement, mourir à la façon des suppliciés du pal.

 

Inutile de préciser que je ne partage pas cette façon de concevoir l'amitié, et que je n'ai jamais rien fait de pareil! 

Les jeunes garçons sont cruels. Une fille ne ferait jamais ça!!!!


Je vous embrasse.

Par solsi
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Dimanche 6 juin 2010 7 06 /06 /2010 09:49

D’OUEST EN EST

 

La Terre tourne sur elle-même d’ouest en est sur un axe nord-sud (on peut dire aussi sud-nord) en 24 heures.

J’ai pu remarquer que cette notion de rotation de notre planète tournant sur elle-même d’ouest en est pose des problèmes métaphysiques. Dites autour de vous : « La terre tourne d’ouest en est », on l’admettra volontiers comme étant un axiome, peut-être même vous répondra-t-on l’avoir appris à l’école primaire en haussant les épaules.

Mais posez la question différemment : « Est-ce que la terre tourne sur elle-même d’est en ouest, ou d’ouest en est ? » Voilà que tout à coup on est dérouté, on calcule, on doute, pour souvent répondre au hasard ou se tromper après avoir cogité longtemps.

Ayant vécu le dilemme que pose cette dernière question j’ai trouvé une explication simple qui m’a semblé convenir :

On sait que le Soleil se lève à l’est. C’est une belle image, mais le Soleil ne se « lève » jamais. C’est la Terre qui, basculant vers l’est, et donc d’ouest en est, fait apparaître le soleil le matin et s’en cache le soir.

Une remarque : si vous êtes tenté de poser la question : « POURQUOI La Terre tourne d’ouest en est ? » abstenez-vous, personne ne le sait.

 

Votre serviteur

JLG

 

Bonjour,


J'ai oublié de vous dire. En plus d'être écrivain, JL est scientifique. Il adore ces petites énigmes... 


J'ai oublié aussi: l'opus n° 11 des aventures de Clovis Allard vient de paraître. Il s'appelle "Les peupliers meurent aussi".


Je vous embrasse.

Par solsi
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Dimanche 30 mai 2010 7 30 /05 /2010 10:34

 

Le plus beau voyage de ma vie.

 

Chers amis, lecteurs, écrivains, poètes,

Mon honnêteté intellectuelle m’impose de vous dire que je suis atteint d’une maladie incurable, Dieu merci pas contagieuse et donc pas sujette à pandémie, comme cette grippe qui a décimé l’Europe, et dont les millions de doses de vaccins se sont avérées insuffisantes. La maladie dont je suis victime est appelée : maladie du clavier, mieux connue sous le nom de : maladie de Guilhamat.

Quelle est cette maladie ?

Depuis quelque trente ans une sorte de commandement intérieur puissant, irrésistible, m’assigne quotidiennement de m’asseoir devant mon clavier, du chant du coq à celui du rossignol.

Qui ne le comprendrait pas ? j’ai envie d’en guérir. Un malade souhaite toujours sa propre guérison. Je me dis que je dois changer d’air, je m’invente une envie de pays lointains, en parle à ma chère et tendre...

C’est ainsi que ce printemps nous nous sommes évadés. J’avais souhaité loin, très loin, tout là-bas, au bout de la Terre. J’avais rêvé des Marquises, des marchés colorés de Tahiti, des fougères arborescentes de La Réunion, des lagons de Nouvelle-Calédonie... Moins on va très loin, plus on se régale moins, c’est bien connu.

Nous nous sommes retrouvés en Corse.

Bon ! c’est vrai, ce n’était pas aux confins du monde. Deux cents kilomètres et non vingt mille comme les îles de mes rêves... et moins exotique que ce que j’avais souhaité. Et puis en Corse on ne nous a pas accueillis en nous passant un collier de fleurs autour du cou, comme cela est de coutume dans le Pacifique. Notre fuite s’en est trouvée étriquée, mais enfin, la Corse, ce n’était pas si mal. La mer y était belle, La mer, la mer, toujours recommencée... De plus, nous y avons trouvé une maréchaussée particulièrement accueillante, intelligente, pétillante de finesse. Quel QI ces gendarmes ! C’était à vous flanquer des complexes. C’était à se demander pourquoi on crible si souvent de balles la façade dans laquelle ils se cloîtrent, caméras de surveillance à l’appui, alors qu’ils ne pensent qu’au bien d’autrui, qu’à chouchouter les touristes.

Mon drame, hélas ! c’est qu’ayant quitté mon clavier pour la grande bleue, voilà qu’à peine arrivé face aux puretés des horizons marins de l’Île de Beauté, l’absence de mon vieil et cher ami Azerty m’a si bien déclenché des fourmillements au bout des doigts que j’ai dû avoir recours aux conseils d’un pharmacien auquel j’ai décliné ma maladie et ses symptômes, lui suggérant qu’il s’agissait peut-être de la maladie de Guilhamat. Cet homme, front bas, très bas, œil éteint, m’a dit qu’il ne connaissait pas la maladie de Guilhamat, mais que celle-ci présentait les symptômes de la maladie de Furling, et m’a conseillé d’en parler à un médecin.

Mon Père disait qu’il faut savoir prendre les gens pour ce qu’ils sont.

Retour chez nous.

Boîte à lettres débordante des témoignages que notre société travaille dur pour le bien collectif, le bonheur de tous : factures, mots doux du centre des impôts, incontournables invitations à tel ou tel salon du livre, vous savez, ces manifestations organisées au profit des organisateurs de salons du livre où l’on regarde les auteurs assis en rang d’oignons avec l’œil d’une poule qui a trouvé un couteau. J’ai même reçu le courrier d’un éditeur qui m’invitait, moi, modeste auteur provincial, au salon du livre de Paris !

Bref, savez-vous comment cette histoire s’est terminée ? Non ! pas dans le Pacifique, non plus que noyé dans la masse des mille auteurs avides d’une célébrité qu’ils n’auront jamais, et des millions de livres du salon de Paris. Oui, savez-vous comment cela s’est terminé, amis lecteurs, écrivains, poètes ? Allez, je vous le dis car je sais que vous ne devinerez jamais :

Je me suis assis devant mon clavier et je suis reparti pour le plus beau voyage de ma vie..

 

 

Bonjour.

J'ai donc laissé la parole à Jean-Louis. Il trépignait... 

Il me semble que la plupart de mes favs ont disparu des blogs, au moment où je fais une timide tentative pour y revenir...

D'autant que j'ai un nouveau navigateur qui me fait des "trucs" bizarres...


Je vous embrasse.

Par solsi
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Mercredi 28 avril 2010 3 28 /04 /2010 17:16

Bonjour,


Et merci pour tous vos gentils coms pendant ma longue absence. Je ne sais pas trop encore si je vais faire revivre ce blog. En tout cas, il y a une nouveauté: je ne pouvais plus écrire d'articles, maintenant, ça a l'air de marcher. Mystères de l'informatique!


Nous avons connu pas mal de galères. Les murs de soutènement continuent à s'écrouler derrière la maison. Les assureurs, très dynamiques au départ, commencent à traîner des pieds, ils se renvoient la balle entre eux. Je ne parle pas des experts, des entrepreneurs qui ont défilé... tout ça pour rien à ce jour.


Pendant trois semaines, la famille s'est "recomposée" (pas la mienne!) et ça n'est pas allé sans quelques problèmes: belle-fille et bébé, beau-fils et gamine, tout ça sur fond de "Je t'aime moi non plus", de grève des trains, et de nuage du volcan. La paperasse s'est accumulée, il faut régler tout ça...

Et si possible avant dimanche. Lundi, nous partons quelques jours en Corse (un an que nous ne sommes partis nulle part sauf moi qui suis allée chercher ma belle-fille en Ardèche!!!)

Bref, quand je serai rentrée, j'essaierai de passer vous faire un petit coucou comme on dit par chez nous.


Je ne vous ai jamais oubliés pendant mon absence.

Je vous embrasse.

Par solsi
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Samedi 9 janvier 2010 6 09 /01 /2010 10:31

Bonjour,



Je vous remercie pour tous vos coms et votre gentillesse.



En ce moment, pas de blog pour moi. Ni sur le mien, ni chez les autres. Ce n'est pas contre vous, bien sûr, c'est moi qui ai des ennuis et qui me recroqueville dans ma coquille. Disons que la princesse est dans l'état qui était souvent celui de Sissi, pour ceux qui connaissent... (sauf que je suis beaucoup moins jolie). L'histoire du glissement de terrain est passée complètement au second plan.




Si malgré tout vous souhaitez me contacter, vous pouvez le faire par mail pour ceux qui ont mon adresse. Pour les autres, vous pouvez passer par le site http://www.editions-lesruisselets.com même si ce n'est pas pour les bouquins. Mais il y a une adresse de contact. Par mail, je dois arriver encore à répondre...




Je pense à vous. A bientôt peut-être.

Je vous embrasse.

Par solsi
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